02.12.2008
Le PSE ne présente aucun candidat à la présidence de la Commission européenne...
Le PSE a refusé de nommer un candidat issu de ses rangs pour concourir à la présidence de la Commission européenne. Sans doute de peur de le voir refusé par le Conseil européen et d'échouer aux élections de juin 2009.
Cela est tout à fait exact. Nous savons que l'Union est très majoritairement à droite et qu'un candidat de gauche aurait très peu de chance d'être désigné par une majorité des États membres. Cependant, le candidat du Conseil européen doit obtenir un vote positif du nouveau Parlement européen. Si le PSE choisissait un candidat, il exprimerait son refus d'un nouveau mandat de Barroso et cela signifierait l'impossibilité pour lui d'être reconduit si nous gagnons les élections européennes.
Bref, ne pas présenter de candidat est sans doute un choix catastrophique en terme de message politique. Les citoyens de l'Union se reconnaissant dans la gauche démocratique ont de quoi se sentir floués, car de facto, le PSE soutient la reconduction du sortant José-Manuel Barroso. C'est aussi une occasion perdu pour les socialistes européens de se doter, médiatiquement, d'une "tête", d'un porte-parole.
Deux des derniers chefs de gouvernement socialiste en Europe, l'espagnol José Luis Rodríguez Zapatero (on indiqua ensuite que c'était "par politesse"...) et le portugais José Sócrates ont annoncé leur appui à cette hypothèse, comme l'avait fait avant eux de nombreux gouvernements de droite, dont Nicolas Sarkozy.
Du coup, on ne peut être que fort dubitatif en parcourant les termes du "manifeste 2009" adopté : "une nouvelle direction pour l'Europe", choisir entre "une Europe progressiste" et "une Europe conservatrice", placer "le peuple d'abord", etc. Tout ceci, avec le candidat de la droite...
Il y a là une sorte de lâcheté du PSE. Du moins, c'est ainsi que cela est perçu. Il est certain que cette décision ne peut que semer le doute dans l'électorat : en acceptant le fait accompli, plus de six mois avant l'élection européenne, les responsables sociaux-démocrates européens envoient un signe particulièrement négatif en avalisant la désignation du nouveau président de la Commission avant que qui que ce soit n'ait eu l'occasion de voter.
Nous ouvrons donc grand la porte, d'une part aux partis libéraux (au sens européen), démocrates et écologistes qui s'opposent à Barroso (ce qui n'est pas très grave) et d'autre part, aux partis nationalistes en faisant d'eux une des principales forces (si ce n'est la principale) d'opposition au niveau du débat public européen (ce qui est grave).
C'est vers l'abstention massive que l'on pousse l'électorat de gauche. Si certains avaient une volonté délibérée de saboter l'élection européenne, le moment du choix démocratique sur les orientations de l'Union, on peut se demander s'ils auraient fait mieux.
Les initiatives sur Internet contre la nouvelle candidature de Barroso sont notamment :
http://www.anyonebutbarroso.
http://www.facebook.com/group.
15:08 Publié dans Europe & Union Européenne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


Commentaires
Merci pour le lien et pour cet excellent post !
Ecrit par : Valéry | 05.12.2008
nous sommes en accord le plus total sur ce point et je partage totalement ton analyse les camarades d'Ecosy à Madrid et d'autres ont eu la mêm analyse et demande au PES que nous ayons un candidat et j'ai assez d'espoir pour que cela ait lieu
Ecrit par : maurin.jc | 14.12.2008
C'es clair, un put... de scandale...
Ecrit par : Thierry | 20.12.2008
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