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09.01.2008
"Nicolas Sarkozy & nous, les voyeurs"
PAR GUY BIRENBAUM
http://www.lepost.fr/perso/birenbaum/
Je n'avais donc rien compris.
Une fois de plus.
Une fois encore.
L'hyper-médiatisation de la vie privée de Nicolas Sarkozy c'est...la faute de la presse !
Notre faute quoi.
Et puis la votre aussi.
Bah oui, forcément, dès qu'il met les pieds quelque part, notre président, les méchants photographes et les vilaines caméras sont là.
Et vous, vous achetez en masse les journaux qui en parlent et/ou vous cliquez comme des fous sur les pages qui en rajoutent.
Sacré président.
Harcelé par les objectifs jusque chez Disneyland, un samedi soir de grande parade.
Poursuivi par des hordes sous les pyramides d'Egypte.
Vaincu par leur nombre dans les ruines de Pétra.
On y croit.
Sincèrement, je ne pensais pas que Nicolas Sarkozy-le décomplexé oserait une défense aussi hypocrite.
Et pourtant, il l'a fait et, notez bien, c'est quasiment passé comme une lettre à la poste.
Alors, vous qui pensiez avoir remarqué que l'annonce de son divorce avait coïncidé avec les grèves, vous qui croiyez avez noté que la médiatisation de sa liaison avec Carla Bruni tombait en pleine déprime sondagière, vous qui estimez qu'il nous enfume parce que ses promesses de campagne n'en finissent plus de lui revenir comme des boomerangs... vous les voyeurs... circulez ! Y'a rien à voir !
Nul cynisme.
Aucune comm.
Pas de tactique.
Encore moins de stratégie.
Ou d'écrans de fumée.
Tout cela n'est que le fruit du hasard le plus total.
Et surtout la très grande faute des médias.
Du coup, la punition est toute trouvée.
Son mariage avec Carla Bruni - qu'il a quasiment confirmé ce matin - nous n'en aurons connaissance qu'une fois qu'il aura eu lieu.
Ah mais !
Privés de dessert !
Pour vicieuse qu'elle soit, cette tentative d'inverser la responsabilité en transformant l'exhibitionnisme présidentiel en notre coupable voyeurisme ne devrait plus tromper grand monde.
Où alors, c'est que, là aussi, nous aurions fort mal saisis les propos tenus au Monde, hier même - ce fichu hasard, toujours, décidément...- par la conseillère du président, l'ex-journaliste du Point Catherine Pégard : "Nous sommes là pendant cinq ans pour écrire une histoire avec les Français.
La même Pégard ajoutant, parlant évidemment de son patron : "Il adore s'afficher dans la provocation, la transgression. C'est sa façon d'affirmer sa liberté".
C'est beau non ?
Nicolas Sarkozy, qui est là pendant cinq ans pour écrire une histoire... adore donc s'afficher dans la provocation, la transgression.
Mais c'est nous - nous les médias et vous les spectateurs, les lecteurs -, nous donc les sales voyeurs.
Un peu trop grosse la ficelle non ?
13:20 Publié dans Point de vue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


