16.02.2007
Chiffrage de programme : malaise à l’UMP
24 heures après Betapolitique (voir l'article), Le Monde semble réaliser qu’il y a comme un cafouillage à l’UMP concernant le chiffrage du programme de Nicolas Sarkozy.
« Trop, c’est trop. L’inflation des promesses électorales de Nicolas Sarkozy a fini par provoquer un vrai malaise à l’UMP. Ses "budgétaires", Pierre Méhaignerie, Gilles Carrez et Alain Lambert, de plus en plus inquiets, ont obtenu de François Fillon, jeudi 15 février, une réunion d’ajustement du programme économique et social de leur candidat. Objectif de ce rendez-vous, auquel participait Christian Blanc (ex-apparenté UDF) : raboter certaines propositions pour s’en tenir au plafond de 30 milliards de dépenses nouvelles sur cinq ans.
La cellule de chiffrage de l’Institut de l’entreprise évalue le coût du programme de M. Sarkozy à un peu moins de 50 milliards, auxquels s’ajoutent ces fameux 68 milliards d’euros de prélèvements obligatoires que M. Sarkozy souhaite restituer aux Français (Le Monde du 23 janvier).
Conséquence de la réunion d’ajustement de jeudi : l’entrée en vigueur de certaines mesures, comme l’allocation au premier enfant ou le bouclier fiscal à 50 %, devrait être repoussée, et les ambitions pourraient être revues à la baisse dans certains domaines, dont les droits de succession et la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires. "On peut espérer baisser d’un point d’ici à la fin de la législature, pas plus", estimaient, dès mercredi, le président de la commission des finances de l’Assemblée, M. Méhaignerie, et le rapporteur du budget, M. Carrez, dans les couloirs du Palais-Bourbon. »
(lire la suite de l’article)
Ce papier a provoqué une réaction immédiate de l’équipe de campagne, sous la forme d’un communiqué très affirmatif :
« PARIS (Reuters) - Quatre experts de l’UMP ont démenti vendredi avoir demandé à Nicolas Sarkozy de revoir à la baisse son programme économique et social pour pouvoir ramener la dette au-dessous de 60% du produit intérieur brut (PIB).
Dans un communiqué, Pierre Méhaignerie, Gilles Carrez, Alain Lambert et Christian Blanc disent avoir pris connaissance avec "stupéfaction" d’un article publié par le Monde et titré : "L’UMP corrige la copie de Sarkozy."
"Nous y apportons le démenti le plus formel. La réunion en cause n’avait pour objet que de préparer la communication soulignant la pertinence du programme présenté par Nicolas Sarkozy", écrivent les quatre élus.
Ils affirment que le programme de Nicolas Sarkozy "a bien un coût d’une trentaine de milliards d’euros dont la moitié représente des allègements fiscaux et sociaux". »
Communiqué sympathique, mais qui contredit à son tour les engagements de janvier de M. Sarkozy (une baisse d’impôts de 4 points de PIB, soit 68 à 72 milliards d’euros suivant le PIB), et l’intervention sur Canal Plus de Thierry Breton (voir notre article).
Cette intervention avait été saluée par un communiqué cinglant de Gaëtan Gorce, député (PS) de la Nièvre et secrétaire national à la Riposte :
« Thierry BRETON, ministre de l’Économie et des Finances, a clairement contredit ce matin sur Canal + Nicolas SARKOZY sur la question de la baisse des prélèvements obligatoires, une mesure phare du candidat de l’UMP.
Alors que le ministre candidat a annoncé le 23 janvier dans le journal le Monde une baisse de 4 points des prélèvements obligatoires dès son élection, son collègue du gouvernement le contredit de façon cinglante en annonçant ce matin sur Canal + que finalement, s’il était élu, Monsieur SARKOZY « s’attaquera d’abord au désendettement de l’Etat et ne commencera la baisse promise des prélèvements obligatoires qu’après 2010 ». Monsieur BRETON précise même que cette baisse devra s’étaler « sur dix années ».
On se demandait en effet depuis plusieurs jours comment le candidat de l’UMP comptait financer, non pas le programme qu’il n’a pas encore publié, mais les mesures éparses et néanmoins onéreuses (122 milliards d’euros à ce jour) semées au gré de ses discours.
Monsieur BRETON apporte un début de réponse. Les promesses, c’est pour maintenant. Leur réalisation, ce sera pour plus tard. Beaucoup plus tard. Tellement plus tard qu’elle serait reportée au mandat suivant ! En clair, si l’UMP pense à la France d’après, c’est en réalité à la France d’après 2012 !
Les problèmes dont souffrent les Français, et que la politique injuste de la droite a cruellement accrus depuis 2002, ne sauraient être renvoyées aux calendes grecques ! C’est maintenant que les Français veulent du changement pour améliorer leur vie. »
Mais à part ça, tout baigne à l’UMP. De toutes façons, le programme du candidat n’est toujours pas connu... alors les chiffres !
Vidéo : http://www.dailymotion.com/video/x188iu_mehaignerie-ne-re... (illustre bien le malaise à l'UMP sur la question du chiffrage)
20:50 Publié dans Présidentielle 2007 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


Commentaires
Aaah l'ump ! ce parti dirigé par un mec qui n'assume pas son 1 m 68 croyait qu'il allait réussir à nous faire croire en leurs belles promesses sans aucun fondement !
Écrit par : Youpi | 16.02.2007
Tiens, c'est étrange mais les soi-disant grands médias ne se sont pas fait l'écho de cette information!
Mais pourquoi donc???
Écrit par : annnieday | 16.02.2007
Effectivement "annieday" il est étrange que les grands médias n'aient rien dit .. En tout cas, ce soir ni Chazal sur TF1, ni Schoenberg sur France 2 n'en ont parlé ... BFM TV si, mais tard dans la soirée. Et encore, la liasion avec Méhaignerie a été coupée ... Quoique, quand je dis "étrange" c'est par cynisme. Par cynisme car je suis persuadé désormais que et TF1 et France 2 ont choisi leur candidat. Quant à Duhamel, lui, il est suspendu ...
Écrit par : P. Sage | 16.02.2007
Mais c'est dément !!
et ils ont parlé de quoi dans ces JT ?
Écrit par : machinchose | 17.02.2007
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