La candidate socialiste à l'élection présidentielle française Ségolène Royal a prôné une politique nouvelle avec la Chine, mardi à Pékin, qualifiant le géant asiatique de "nouvelle frontière" de la France car il incarne "des enjeux considérables".
"Si je suis élue, c'est l'un des premiers pays où je reviendrai parce que les enjeux sont tout à fait considérables pour l'émergence des coopérations économiques", a déclaré la candidate lors d'une conférence de presse.
Selon elle, "la Chine est en quelque sorte notre nouvelle frontière, il faut surmonter les craintes, maîtriser la mondialisation, imposer des règles communes et défendre une nouvelle forme de développement". Elle a jugé que la Chine "s'investit avec courage" dans cette nouvelle forme de développement. "Très peu de pays en développement ont pris conscience de façon aussi aiguë de la nécessité de changer les conditions de la croissance", a-t-elle estimé. "C'est d'ici que viendra la survie et l'invention du nouveau modèle de développement", celui du "développement durable", a déclaré la candidate, "c'est notamment avec la Chine qu'il faut tracer des voies pour l'avenir".
Si la Chine réussit à maîtriser son développement", cela influera sur "la totalité des pays émergents". "Si la Chine se tire vers le haut, la planète sera tirée vers le haut", a-t-elle dit.
Selon Mme Royal, "les multinationales ont abusé du pays en le polluant, en exploitant une partie des salariés".
La candidate socialiste a jugé "trop facile" d'accuser la Chine lorsque les entreprises françaises y perdent des marchés, appelant ces dernières à assumer leurs responsabilités. Interrogée sur les échecs récents de la banque Société Générale et du groupe nucléaire Areva, Mme Royal a estimé lors d'une conférence de presse qu'il ne fallait pas "mélanger la question géopolitique et la question des marchés".
"C'est trop facile lorsque la France perd un marché d'avoir recours à des justifications. C'est une posture bien franco-française de juger que quand on perd un marché c'est la faute des autres et oublier sa propre évaluation", a-t-elle ajouté, au dernier jour de sa visite en Chine entamée samedi.
"J'attends des entreprises françaises qu'elles fassent leur propre évaluation", a également déclaré la candidate, se prononçant par ailleurs pour une plus grande présence des petites et moyennes entreprises (PME). "On ne peut pas toujours faire porter la responsabilité sur la Chine", a-t-elle dit, regrettant également le manque de coopération entre Européens.
"S'il n'y avait pas la guerre entre entreprises européennes, je pense qu'on n'aurait pas perdu un certain nombre de marchés", a jugé Mme Royal.
Cette dernière a également cité l'exemple du secteur aéronautique, indiquant qu'un représentant d'Airbus, qu'elle avait rencontré, lui avait expliqué que les Américains disposent d'un bureau permanent de l'Aviation à Pékin, alors que les Européens n'en ont toujours pas. "Voilà un manque de coopération européen qui finira par nous coûter cher", a-t-elle dit.
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