03.09.2006
Ségolène Royal relève le gant face à ses adversaires de droite et du PS
Ségolène Royal, accusée d'esquiver les problèmes, a relevé le gant face à ses adversaires en clamant haut et fort ses valeurs dimanche 3 septembre à Florac (Cévennes, Lozère), ravie de constater qu'"enfin, le débat de fond commence!".
La candidate PS, favorite des Français pour la présidentielle selon les sondages, s'est posée en challenger de Nicolas Sarkozy, qui au même moment clôturait l'université d'été de l'UMP à Marseille.
"S'il a de bonnes idées qu'il les mette en application. Au lieu d'agir, il promet pour demain", a-t-elle dit.
"En janvier" date à laquelle l'UMP investira son candidat, a expliqué Mme Royal, "on fera le bilan des résultats de la droite au pouvoir. C'est çà la politique par la preuve".
A la limite de la provocation, elle s'est gaussée des attaques dont elle est victime. "Je tiendrai malgré les coups d'où qu'ils viennent, c'est un entraînement", a-t-elle assuré, tout en convenant: "rien n'est fait" dans sa conquête de l'investiture du PS.
Au moment où M. Sarkozy se targuait du soutien de Johnny Halliday et Doc Gynéco, nouveaux encartés UMP, elle a lancé: "Aujourd'hui, ma vedette à moi, c'est vous, car il est temps de remettre le peuple français au coeur de notre projet".
Ségolène Royal a jugé qu'il fallait "placer le débat au niveau des idées" et "regarder les problèmes tels qu'ils sont et tels qu'ils sont vécus", appelant de ses voeux "un socialisme du réel".
Evoquant la compétition interne au PS pour l'investiture présidentielle, avant son arrivée à Florac, elle a affirmé, devant quelques journalistes, que "par la manière et les sujets choisis", elle allait "obliger tout le monde à entrer dans ce débat".
Or, ses concurrents socialistes lui reprochent justement de refuser un tel débat.
Elle a prévenu toutefois que s'agissant de ses propositions, elles "viendraient en fin de campagne". "Je ne vais pas entrer dans un rythme que je n'aurais pas choisi", a-t-elle dit.
Pour autant, devant moins d'un millier de personnes, elle en a dévoilé quelques unes.
A la veille de la rentrée scolaire, Mme Royal a promis, si elle était élue, "une révolution scolaire", de rétablir "l'ordre juste à l'école". Elle a réaffirmé sa volonté d'"aider les parents à exercer leur responsabilité parentale", y compris par la création "d'écoles de parents".
La présidente de Poitou-Charente a proposé également de "desserrer la contrainte de la carte scolaire" qui oblige les familles à scolariser leurs enfants dans un établissement proche de leur domicile.
Pour elle, une telle mesure ne remettra pas en cause la mixité sociale, car a-t-elle dit, "arrêtons les hypocrisies, il n'y a plus de mixité sociale, c'est un discours lénifiant".
Favorable à une adhésion obligatoire aux syndicats, elle a accusé Nicolas Sarkozy de "remettre en cause le droit de grève" et promis de "faire émerger en France un syndicalisme de masse". A cette fin, elle a précisé qu'elle "rencontrerait ces prochains jours" les dirigeants des centrales syndicales et ouvrirait "des forums participatifs" pour y "réfléchir".
Le président PS Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, suspendu pendant deux ans du bureau national du parti pour ses nombreux propos déplacés, était venu témoigner son soutien.
M. Frêche - comme Pierre Mauroy l'avait rappelé en 2002 à Lionel Jospin durant la campagne présidentielle - a exhorté Mme Royal à ne pas oublier que le PS avait "toujours été le parti des ouvriers, des petits fonctionnaires, des employés".
20:15 Publié dans Candidatures PS à la présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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